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Le japonais, qu’est-ce que c’est ?

Le japonais, à première vue, ça fait peur. Mais finalement, ce n’est pas (si) compliqué. Oui, il y a beaucoup de caractères à apprendre, mais le japonais n’est pas un gros paquet de traits qui s’enchaînent sans que l’on y comprenne quoi que ce soit, bien au contraire ! Il y a une logique dans tout ça, et c’est ce que vous allez voir tout de suite.

    Rien de mieux que de commencer avec un exemple !

ねこ ネコ 

    Vous ne savez pas lire ces trois mots encore, mais ce n’est pas grave. Sachez juste que les trois veulent dire la même chose : “neko”, c’est à dire “chat” en français. Ce qu’il faut déjà savoir, c’est qu’il existe trois systèmes d’écriture en japonais (en plus de deux autres qui vous seront expliqués juste après), et notre mot “neko” est justement écrit dans ces trois systèmes que voici :

  • Deux syllabaires (une sorte d’alphabet, mais pour des syllabes, pas pour des lettres) dont le caractère possède une simple valeur phonétique et non pas un sens :
    • Les hiragana (ou ひらがな) servent à écrire des mots (notamment ceux qui ne s’écrivent pas en kanji ou pour les jeunes lecteurs qui ne connaissent pas beaucoup de kanji), la grammaire ou encore la prononciation des kanji, dans notre exemple en bleu, “neko” est écrit comme un petit japonais pourrait le lire, car il ne connaîtrait pas encore son kanji (en rouge). On les reconnaît à leur forme arrondie, se rapprochant de l’écriture latine cursive ;
    • Les katakana (ou カタカナ) servent avant tout à écrire les mots et noms d’origine étrangère, les onomatopées (très utilisées en japonais) ainsi que les noms d’animaux en sciences (comme c’est le cas en vert dans notre exemple pour le chat !). On les reconnaît à leur écriture plutôt anguleuse ;
  • Les kanji (ou 漢字) sont les caractères chinois importés dans la langue japonaise. Un caractère signifie une idée, comme en chinois. Ces caractères ont plusieurs lectures, mais nous verrons cela plus tard.

    C’est bien structuré, n’est-ce pas ? Ça ne vous parle peut-être pas tout de suite, mais quand vous serez devant des phrases d’exemple, vous verrez pourquoi. En attendant, voyez les deux derniers systèmes d’écriture utilisés en japonais, qui vous sont déjà familiers :

  • Les rōmaji (ou ローマ字), c’est-à-dire la retranscription latine des mots japonais. Il existe deux systèmes : Hepburn, conçu en 1885 par l’homme du même nom et Kunrei, système japonais. Les deux systèmes d’écritures se ressemblent mais représentent quelques particularités. Cependant, c’est le système Hepburn qui est le plus utilisé.
  • Et enfin les arabiasuji (ou アラビア数字) qui sont tout simplement les nombres arabes. De nos jours, ils sont plus utilisés que les nombres chinois.

Et c’est tout pour les écritures ! Quoi, ça fait beaucoup ? Mais nooon. Je vous rappelle, les kana (donc hiragana et katakana) sont des syllabaires, et il y en a seulement 46 de chaque ! Donc 92 à apprendre en tout. Ce nombre vous fait peut-être peur, mais ce n’est pas grand chose ! Vous trouverez beaucoup de moyens faciles et ludiques pour les apprendre, notamment grâce à des applications comme Hiraganapp ou Kanatakapp. Il existe même une version pour les kanji !

Une fois que vous aurez appris les hiragana et katakana, vous pourrez lire tout un tas de choses ! Et vous apprendrez les kanji au fur et à mesure de votre apprentissage, tout se fera tranquillement ! Une fois les bases de l’écriture bien posées, vous avez toutes les cartes en main pour vous lancer dans l’apprentissage du japonais. L’important est de bien comprendre comment l’écriture (et ensuite la langue) fonctionnent !

Allez, maintenant que vous connaissez ces écritures, prenons une phrase comme exemple pour vraiment comprendre l’utilité de chacun (chaque écriture est représentée par sa couleur) :

田中さんはフランスきました

    Ce qui veut dire : « En avril, Monsieur Tanaka est allé en France. »

    Quatre kanji sont dispersés dans cette phrase. Le premier () sert à indiquer le mois après le 4 (donc le mois d’avril), les deux suivants (田中) sont tout simplement le nom de la personne dont on parle et enfin, le dernier () sert au verbe “aller”.

    Pour le reste de la phrase, les hiragana prennent le relais : certains (, et ) sont des particules qui permettent de structurer la phrase en blocs, deux autres (さん) sont le suffixe que l’on traduirait par “Monsieur” et enfin, les quatre derniers (きました) sont la terminaison du verbe “aller”.

    Comme vous pouvez le voir, seuls quatre caractères sont en vert. Ce sont quatre katakana que l’on lit : “furansu”. Eh oui, cela veut bien dire “France” ! Ce mot est étranger, donc on l’écrit en katakana.

    Vous l’aurez sûrement remarqué, mais en japonais il n’y a ni espaces, ni majuscules ! C’est là toute l’utilité des différents systèmes d’écriture : ils sont essentiels pour pouvoir déchiffrer une phrase. Voyez cette même phrase écrite simplement en hiragana et katakana cette fois (car on ne peut écrire “furansu” en hiragana, souvenez-vous, seuls les katakana servent aux mots étrangers !) :

しがつにたなかさんはフランスへいきました

On ne s’y retrouve plus !

Il est aussi important de savoir que les particules sont tout aussi essentielles qu’elles permettent de découper la phrases en différents blocs comme on vous l’a dit. De plus, chacune donne un “sens” à ces blocs dans la phrase. Si vous étudiez le japonais, vous les reverrez très vite !

    C’est ainsi que se termine cette petite introduction à la langue japonaise. Maintenant, on vous propose différents points intéressants à connaître sur cette langue, à commencer par l’histoire de ces beaux caractères.


Petite histoire du japonais

    Jusqu’au IVe siècle, les japonais n’avaient aucun système d’écriture, leur langue était uniquement parlée à l’oral. Leur système d’écriture actuel a été complètement influencé par le système d’écriture chinois. Voici donc un petit récapitulatif de l’histoire de l’écriture japonaise.

IVe siècle – Les caractères chinois (漢字 “kanji”) arrivent tout doucement au Japon via les Coréens. Ces idéogrammes n’étaient pas utilisés pour leur signification mais pour leur valeur phonétique, les caractères chinois étant monosyllabiques. Par exemple, le caractère 川 en chinois se prononce “chuān”, ce qui ressemble à la syllabe japonaise “tsu”. Ce caractère a donc servi pour écrire cette syllabe en japonais.

~ VIIe siècle – La langue japonaise se fixe “officiellement” sur les caractères chinois. De nouvelles lectures tirées du chinois (lectures “on”, c’est-à-dire sino-japonaises) s’ajoutent à la langue japonaise.

~ IXe siècle – Les kana commencent à apparaître grâce à la simplification des caractères chinois utilisés pour écrire les syllabes japonaises. Les caractères chinois, auparavant écrits en écriture “kaisho” (forme angulaire) se sont vus simplfiés par une écriture plus cursive, le “sôsho”. C’est ainsi que sont nés, au fil les siècles, les “hiragana”. Ces caractères, beaucoup plus simples que les caractères chinois, permettaient d’écrire le japonais beaucoup plus simplement et rapidement.

Source : Wikipédia

    On y voit bien le passage du caractère chinois écrit en kaisho en écriture sôsho (en rouge) puis en hiragana actuel. D’ailleurs, il est facile de remarquer l’allure arrondie de ces kana, directement issus de l’écriture sôsho très cursive.

    Ces caractères ont été créés tout en tenant compte de leur aspect esthétique et étaient bien plus faciles à apprendre et à retenir.

    Auparavent appelé onnade, ce système était principalement utilisé par les femmes de l’époque Heian. L’écriture et la littérature chinoises étant exclusivement réservées aux hommes à l’époque, elles ne pouvaient utiliser seulement ces caractères. 

Source : Wikipédia

    Les katakana ont été inventés très peu de temps après les hiragana. Leur premier usage était de retranscrire la prononciation des caractères chinois. Ils étaient alors utilisés par les étudiants bouddhistes. Désormais, ils servent avant tout à retranscrire en japonais les noms étrangers (que ce soit des noms de personnes ou des mots importés dans la langue japonaise comme フランス (“furansu”) qui vient de “France” et qui veut dire… France.

    Cette écriture, beaucoup plus anguleuse, a été directement tirée des caractères chinois. Alors que les hiragana étaient plus utilisés par les femmes, les katakana étaient quant à eux réservés aux hommes étant donnés qu’ils servaient à la littérature (pour les retranscriptions phonétiques) ainsi qu’aux sciences. Certains katakana se confondent presques avec des kanji, le caractère de base étant relativement simple et très peu modifié. 

Par exemple (Kanji → Katakana) :

  チ

    Comme pour les hiragana, les katakana sont issus de caractères ayant la même prononciation (ou du moins en partie) que le kanji dont ils sont issus. Cependant, certains sont issus de la lecture kun (lecture purement japonaise, celle des mots qui existaient avant l’importation des kanji) et non pas on (lecture sino-japonaise, les lectures adaptées en japonais par rapport à celles en chinois).


D’ailleurs, ces lecture on et kun, parlons-en

    Chaque kanji (ou du moins la plupart) possède plusieurs lectures. Ces lectures sont :

  • on : lecture issue de la langue chinoise, adaptée à la langue japonaise ;
  • kun : lecture du mot tel qu’il existait en japonais avant l’arrivée des kanji sur l’archipel.

    Cette particularité des kanji dans la langue japonaise rend cette dernière assez difficile à apprendre. Mais finalement, ces lectures sont assez logiques. Si l’on choisit une lecture par rapport à une autre, c’est bien qu’il y a une raison. La plupart du temps, les mots composés seulement d’un seul kanji sont lus en lecture kun et les mots composés de deux kanji ou plus sont lus en lecture on. Bien sûr, il existe des exceptions comme le mot “kin” (金, “or”) et les noms de famille japonais comme 山本 (lu “Yamamoto”, littéralement “origine de la montagne”).

    Pour certains mots, le parallèle avec la lecture chinoise est flagrante. Par exemple, ce caractère : 人. Sa lecture kun est : “hito”, en on : “jin” et enfin en chinois : “rén”. “Rén” et “jin” sont très proches en prononciation. De même, le caractère 水 : sa lecture kun est “mizu”, sa lecture on est “sui” et sa lecture chinoise est “shui”. Il est flagrant que “sui” vient de “shui”.

Exemples des différentes lectures de 人 (“Homme, personne”) :

  • 東京の → “Tôkyô no hito” (“habitant de Tokyo”)
  • 日本 → “Nihonjin” (“japonais” dans le sens “habitant”)

Autre exemple en phrase avec (“eau”) :

  • 曜日にを飲んだ。 → “Suiyoubi ni mizu o nonda.” (“Mercredi, j’ai bu de l’eau.”)

Et dans quel sens on écrit tout ça ?

    Il existe deux sens d’écriture en japonais, tout comme en chinois :

  • Le sens traditionnel : de haut en bas, se lisant en parcourant les colonnes de droite à gauche ;
  • Le sens occidental : de gauche à droite, se lisant en parcourant les lignes de haut en bas.

Exemples : Le même texte dans les deux sens

    Le sens vertical est plutôt utilisé pour les textes imprimés, que ce soit dans les romans ou les journaux par exemple. Le sens horizontal, quant à lui, est plutôt utilisé en informatique, sur les sites web et même pour les titres dans les journaux.

Exemples d’utilisations :

Extrait du tome 24 du manga Pandora Hearts
Brochure sur laquelle on voit tous les systèmes d’écriture dans une seule phrase (en rouge), même des rōmaji (“TV”) !

Et comment on écrit tout ça numériquement ?

Il existe différentes façon d’écrire en japonais avec un clavier. Les japonais ont à la fois les lettres latines et les kana sur les touches de leurs claviers. S’ils tapent du japonais en lettres latines, les hiragana vont se former grâce aux “rōmaji” qui seront alors tapés. Sinon, on peut taper directement en hiragana. Ensuite, si le mot s’écrit soit en katakana, soit en kanji, alors l’autocomplétion proposera les caractères concernés par la saisie et l’utilisateur peut choisir le (ou les) caractère(s) qu’il veut. Un peu confus ? On va éclaircir tout ça avec un exemple.

Le mot “neko” (oui, encore) depuis les lettres latines : on commence à taper “neko”, puis le mot apparaît comme ceci (en hiragana) : ねこ et ensuite l’ordinateur nous propose son kanji 猫 ou son katakana ネコ. C’est comme ça que l’on vous a proposé les tous premiers exemples !

Exemples :

Un clavier d’ordinateur japonais (avec une auto-complétion de phrase) :

Cependant, le clavier japonais le plus utilisé sur téléphone est différent, on utilise directement les hiragana pour écrire (mais on peut basculer sur les rômaji (lettres latines) à tout moment :

Si pour nous, le clavier sur téléphone garde en grande partie sa disposition, en japonais, il change complètement. Il faut faire glisser son doigt depuis un hiragana vers le haut, la droite, le bas ou la gauche pour obtenir un hiragana de la même “famille”. Avec un peu d’entraînement, il est possible de taper très vite ! Et comme pour le clavier d’ordinateur, le clavier du téléphone nous propose plusieurs choix de caractères pour certains mots en kanji ou katakana.


Liens annexes   

    On vous a préparé plusieurs liens très utiles si vous voulez apprendre le japonais plus en détails. Vous y trouverez des cours en ligne, des informations sur le clavier japonais, des références de livres, et bien plus encore.

    Bon courage !

Cours en ligne

  • Cours de Japonais – Chaîne YouTube de cours de japonais très bien expliqués
  • Ici-Japon – Cours écrits avec exercices et vocabulaire

Ressources utiles

Bibliographie

  • Kanji & Kana (漢字とかな) – Dictionnaire des 2141 kanji officiels de la langue japonaise avec leurs différentes lectures et significations
  • Junku – Librairie japonaise à Paris qui vend également en ligne
  • Minna no Nihongo – Très bon manuel de japonais en deux tomes réalisés par une société japonaise

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